Comment notre style d’attachement influence-t-il nos relations ?

Nombreuses sont les personnes qui s’interrogent sur les raisons de leur insatisfaction dans les relations amoureuses et se demandent : Pourquoi je tombe toujours sur le même genre de partenaires ? Pourquoi est-ce que j’attire toujours ce type d’homme ?

La capacité d’exploration, la confiance dans les relations humaines et le sentiment de sécurité développés au contact des figures d’attachement principales au cours l’enfance, marquent la façon dont nous percevons les relations à l’âge adulte
Notre style d’attachement influence toutes nos relations humaines – au travail, avec nos enfants et avec notre partenaire. Cette influence marque chaque étape de la relation amoureuse, depuis la « sélection » du partenaire à la vie de couple, puis jusqu’à la séparation lorsqu’elle advient. Notre style d’attachement prend sa source dans l’enfance et reste actif tout au long de notre vie : la façon dont nos besoins fondamentaux ont été ou non satisfaits – et de quelle façon – sculpte nos croyances sur ce que l’on mérite et ce que l’on vaut, comment on doit traiter les autres et comment les autres doivent nous traiter en retour. C’est ce qui marque notre « personnalité relationnelle ».

Nous sommes attirés par les personnes qui confirment les pensées ou croyances que nous avons de nous-mêmes
Dans les relations amoureuses, nous sommes attirés par les personnes qui confirment les pensées ou croyances que nous avons de nous-mêmes – ces représentations étant assez stables, elles apportent un éclairage sur la répétition des schémas relationnels : le sentiment de toujours « tomber » sur le même type de partenaire, de toujours attirer un certain style de personnes. Lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend compte en effet que bien souvent, les personnes insécures tombent amoureuses de partenaires insécures, et les sécures avec des… sécures.

La théorie de l’attachement se distingue nettement de la psychanalyse notamment par l’absence de notion de « relation fantasmée » ou d’œdipe : les difficultés relationnelles de l’âge adulte sont ici comprises dans un ancrage relationnel réel.

Style d’attachement et relations amoureuses
Lorsqu’une personne présente un style d’attachement sécure, elle n’éprouve pas de difficulté à exprimer ses besoins et à satisfaire ceux de ses proches. Elle a confiance en elle, peut à la fois compter sur ses propres capacités et celles des autres. La plupart du temps, ces personnes choisissent des partenaires et des amis avec lesquels elles se sentent en sécurité et construisent des relations respectueuses de leurs besoins.

Les personnes à l’attachement ambivalent sont quant à elles très anxieuses vis à vis de la relation, elles ont sans cesse besoin de réassurance, elles sont insatiables et ont des attentes démesurées, elles sont extrêmement sensibles au rejet, ont peu confiance en autrui et peuvent avoir développé une hypervigilance se manifestant notamment par des comportements de vérification (fouiller les poches ou le téléphone, chercher des preuves d’adultère de façon obsédante, etc.). Dans cette représentation de la relation, une grande énergie est consacrée à la recherche de proximité avec le partenaire : lorsque ce dernier cherche à préserver des activités ou un réseau relationnel en dehors du couple, les personnes à l’attachement ambivalent se sentent abandonnées et trahies. Pour soutenir leur réalité relationnelle, elles ont tendance à choisir un partenaire avec lequel il est difficile d’établir une connexion émotionnelle ou qui est peu présent ; elles peuvent notamment plus facilement tomber amoureuses d’une personne à l’attachement évitant ou même d’un manipulateur pervers. De ce fait, l’attitude du partenaire choisi par la personne à l’attachement ambivalent vient confirmer son modèle interne opérant (Voir à ce sujet Style d’attachement et parentalité).

Les personnes à l’attachement évitant ont tendance à se distancier émotionnellement de leur partenaire, se sentent mal à l’aise avec l’intimité et redoutent la « pression pour la connexion » jusqu’à parfois fuir leur partenaire en réponse à leur besoin de déconnexion. Ils font preuve d’une apparente maîtrise de leurs émotions, paraissent calmes voire parfois un peu froids. Il y a pourtant chez ces personnes comme chez tous les êtres humains un profond désir de connexion, mais elles ne peuvent y avoir accès qu’à la condition qu’une distance nécessaire soit respectée : « Je te veux chez moi… mais pas dans ma chambre ! Sauf si je te le demande… » (Dr Stan Tatkin). Le besoin d’être dans une bulle se manifeste à travers des choix professionnels qui impliquent de longues absences du domicile et/ou au sein du foyer où le besoin de retrait s’exprime à travers le choix d’activités solitaires (lecture, temps passé sur les écrans, ou toute autre activité qui déconnecte l’individu des interactions humaines)… ce qui fait dire aux proches « il est là mais il est absent ». Le réconfort, les émotions, les moments de tendresse ou la démonstration affective ne sont pas perçus comme étant des élément fondamentaux du couple : l’attention est davantage dirigée vers des dimensions intellectuelle ou matérielle.

Dans l’attachement désorganisé, les relations humaines sont vécues avec une très forte intensité, elles sont chaotiques et se réfèrent à des blessures relationnelles de l’enfance, où le parent est perçu tantôt comme une figure de protection, tantôt comme une figure terrifiante. Les relations amoureuse sont vécues comme des montagnes russes, les personnes oscillent entre un besoin de s’accrocher à leur partenaire lorsqu’elles se sentent rejetées, puis elles se sentent piégées et privées de leur liberté lorsqu’elles sentent une trop forte proximité.

Les styles insécures (ambivalent, évitant, désorganisé) ne sont pas des fatalités
Les recherches en psychologie ces trente dernières années montrent que ces modèles, bien que stables dans le temps, sont flexibles : le cerveau est modelé par les interactions avec autrui, c’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. Il est en effet toujours possible de retourner vers un modèle plus sécure. En devenant conscient de son propre style, en créant un récit cohérent de son histoire et en choisissant de préférence un partenaire sécure, il est possible de travailler sur ses peurs, ses mécanismes de défense et son sentiment d’insécurité.

Pour en savoir plus, voir :
La théorie de l’attachement
Style d’attachement et parentalité

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