L’approche psycho-corporelle

Quand il s’agit de détecter et de répondre au danger, le cerveau reptilien n’a pas beaucoup évolué… d’une certaine façon, nous sommes toujours des lézards.

Le style d’attachement d’un individu est stable mais il est aussi « plastique », c’est à dire qu’il est possible de revenir à un style dit « sécure ». L’approche psycho-corporelle prend en compte l’origine neurobiologique et émotionnelle de l’attachement.

En effet, si l’on se place d’un point de vue biologique, on constate que de tels styles relationnels ont été mis en place comme une véritable stratégie de survie. La sécurité primordiale dont l’enfant a besoin pour se développer n’ayant pas été optimale, l’absence de réponse à ses besoins voire l’hostilité auxquels l’enfant a dû faire face au cours de son développement sont de réelles marques traumatiques.

Lorsqu’une situation de danger se présente, notre cerveau reptilien active instantanément une réponse du système nerveux parasympathique. Le corps perçoit le conflit ou l’absence de sécurité émotionnelle comme un véritable danger qui menace sa survie et dont la réponse consiste à un « fight or flight » ou « freeze » (Combat, fuite ou immobilité). Cela s’accompagne par des manifestations physiologiques (cœur qui bat plus vite, bouche sèche, mal au ventre, mains moites, figement de la pensée etc.) et se traduit par une désactivation de la capacité à communiquer et à se connecter à l’autre. Le déclencheur peut être une simple dispute ou un désaccord et la réaction est automatique et inconsciente.

L’approche psycho-corporelle que je pratique, dont le socle théorique et clinique est porté entre autres par Stephen Porges (La théorie polyvagale), les travaux de Peter Levine et Diane Poole Heller, prend en compte cette dimension physiologique par la pratique d’exercices de visualisation permettant de « remodeler » le système nerveux et lui apporter de la flexibilité là où se sont rigidifiés des réactions de stress.