Comment apaiser les peurs de l’enfance

Publié sur Vietnamnews

La peur est avec joie, tristesse et colère, une émotion que nous ressentons depuis l’enfance. Il s’agit d’une réponse automatique de notre cerveau qui est activée lorsqu’une situation est interprétée comme dangereuse. La peur est accompagnée de sensations physiques telles que la respiration et le rythme cardiaque accélérés, les mains moites, les pupilles dilatées, les muscles tendus, le « mal au ventre », la bouche sèche, les nausées ou les tremblements.

Quelle que soit l’origine de la peur, l’enfant doit être soutenu par un adulte. Quand il dit qu’il a peur, un enfant exprime un besoin de réconfort et d’attachement. Bien que la peur semble folle, stupide, insensée… toujours croire à un enfant qui dit qu’il a peur. Il est inapproprié de se moquer des craintes ou de les minimiser. Forcer un enfant à faire face à une peur alors qu’il n’y est pas prêt est tout simplement néfaste.

Un aperçu rapide des peurs de l’enfance :

– Les peurs « normales » chez les enfants correspondent aux étapes de développement : la peur de l’obscurité, la peur de la séparation, la peur des monstres, la peur des bruits… elles sont passagères et peuvent disparaître et réapparaître au cours du développement de l’enfant, selon ses expériences de vie. Par exemple, un enfant d’âge préscolaire qui ne trouve pas ses marques dans une nouvelle école peut développer une peur avant de se coucher pendant cette période (des monstres, des dinosaures, des serpents…) et le rituel de coucher devient interminable… D’autre part, certaines craintes ne sont liées à aucune expérience vécue mais résultent de l’évolution du cerveau : il est par exemple très commun de voir un enfant de deux ans prendre un plaisir inouï à jouer dans la mer et de voir le même enfant un an plus tard, terrorisé à l’idée d’être mordu par un requin.
– Il y a aussi des peurs qui résultent des expériences « J’ai peur d’aller chez le dentiste parce que je me souviens que ce n’était pas agréable la dernière fois » … ou j’ai lu un livre dans lequel un petit lapin avait peur du dentiste, j‘ai donc appris que le dentiste doit ça être effrayant ! Attention à surtout respecter le rythme de l’enfant concernant sa peur avant une intervention médicale : le médecin masqué, les néons éblouissants, les odeurs et les bruits de roulette peuvent être réellement effrayants pour un petit enfant et laisser des marques traumatiques. N’imposez pas votre propre rythme ou celui du médecin au détriment de votre enfant.

– Si un enfant subit une expérience traumatique, il est susceptible de manifester de la peur dans n’importe quelle situation semblable à l’apparition du choc. Par exemple, après avoir chuté d’un cheval, un enfant peut être effrayé à la vue de l’animal, même une photo. Son sentiment de sécurité interne pourrait être altéré et l’enfant pourrait développer différentes peurs.


Comment apaiser votre enfant ?

1) Écoutez avec compassion
Rendez-vous accessible à l’enfant, laissez-le dire ce qu’il ressent, sans juger, sans interrompre ou essayer de l’amener à la raison. Il est au contraire nécessaire de valider ses émotions et lui permettre de pleurer. Il est toujours préférable de nommer les émotions, de demander des détails sur ce que votre enfant ressent plutôt que de nier et de dire « ne t’inquiète pas, ce n’est rien ».

2) Soyez physiquement rassurant
Lorsque votre enfant exprime des craintes, vous pouvez la regarder avec amour et prendre sa main, toucher son épaule, essayer de rester en contact physique. Ensuite, prenez-la dans vos bras et donnez-lui votre présence d’amour et donnez-lui un bisou, un câlin.

3) Rassurez verbalement un enfant effrayé donnant des réponses simples et rationnelles
– « Tu as peur d’aller à l’école parce que tu ne vas pas voir maman et papa toute la journée. Même si nous ne sommes pas ensemble, nous pensons à toi et nous sommes heureux parce que nous savons que nous serons ensemble à la fin de la journée »
– « Tu as peur avant de t’endormir, car à ton âge, ton imagination est illimitée et tu vois des monstres »
– « Il n’y a pas de requins sur la plage »
– « Regarde, le dinosaure que tu vois est en fait l’ombre de ta chaise ». Pour aller de l’avant, vous pouvez lui expliquer le principe des ombres chinoises.

4) Jouez !

Jouer est bon pour tous les enfants et surtout ceux qui traversent des périodes d’anxiété. Vous pouvez utiliser le jeu de rôle, créer un jeu sur la peur de votre enfant et en rire pour libérer la tension.
Vous pouvez également offrir à l’enfant de dessiner les monstres qui l’effraient, puis de leur ajouter des attributs ridicules (un nez rouge, un rouge à lèvres, une petite robe, un chapeau de pompier, etc.). Tout cela doit se faire de manière très douce et respectueuse, il ne faut pas que l’enfant ait l’impression que l’on se moque de lui.

5) Encouragez-la à trouver une solution
Que ce soit la peur de ne pas se faire des amis dans une nouvelle école ou la peur des sorcières, laissez l’enfant énumérer toutes les solutions, sans les juger, qu’elle pourrait essayer pour apaiser les peurs. Si elle n’a aucune idée, la guider, lui donner des options: « Comment est-ce qu’on pourrait faire pour que tu aies moins peur la nuit ? Est-ce que tu voudrais avoir une lampe de poche ? » Vous pouvez aussi lui donner un objet qui vous appartient, cela aidera à le rassurer.

Quand faut-il consulter ?

Les inquiétudes de votre enfant sont préoccupantes si elles deviennent une anxiété sévère et interfèrent avec son développement. Lorsque les parents se sentent impuissants, il est probablement temps de voir un thérapeute qui vous guidera pour comprendre la cause de l’anxiété et vous donner des outils pour la réduire.

Dans tous les cas, soyez patient et écoutez, c’est la meilleure façon d’aider un enfant à grandir en développant une bonne confiance en soi !

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre à la page Enfants.