Enfants expatriés, les « Third Culture Kids »

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Qu’est-ce que la troisième culture ?
Les personnes vivant à l’étranger développent un style de vie différent de leur pays d’origine et du pays d’accueil où ils vivent. Avec les autres expatriés ils sont devenus, dans leur pays de résidence, un nouveau groupe culturel : Voilà pourquoi nous parlons de «troisième culture». Les « Third Culture Kids » – enfants de troisième culture – (TCK) grandissent dans un environnement véritablement multi-culturel ; ils sont confrontés quotidiennement à une langue et un mode de vie étrangers. Ils vivent quotidiennement la différence physique et la succession de chocs culturels ce qui a considérablement impacté leur personnalité.

Une fréquente mobilité
En raison de la grande mobilité de la plupart de ces familles, leur environnement est amené à changer régulièrement. Pendant leur séjour, leurs réseaux relationnels vont changer, car ils fréquentent des expatriés qui vivent la même mobilité : la vie d’un TCK est en quelque sorte une succession de transitions. Quand ils partent pour une nouvelle destination, les TCK perdent soudainement leurs repères : leurs amis, leurs enseignants, des soignants et tout leur quotidien (transport, alimentation, mode de vie, langue parlée, vie de quartier …). Au fur et à mesure de leurs expatriations successives, les TCK ont développé des amitiés qui se trouvent dispersées ; a contrario ils développent de forts sentiments d’appartenance et de dépendance à leurs familles. La perte est rapidement suivie par la nécessité de reconstruire une nouvelle vie ailleurs.

Les défis de l’expatriation
Dans le meilleur des cas (et heureusement, dans la plupart des cas !), la mobilité est une chance pour un enfant qui développe une capacité d’adaptation significativement plus élevée que celui vivant dans son village depuis qu’il est né. Il acquiert une connaissance de l’altérité et une ouverture d’esprit qui enrichissent sa personnalité et la vision du monde.
Le départ pour une nouvelle destination confronte l’enfant et sa famille à la question de la séparation d’un monde devenu familier. La plupart des petits expatriés vivent cette aventure sans problèmes majeurs. Mais parfois, des difficultés peuvent se présenter : les périodes transitoires sont en effet des moments critiques pour toute la famille. A ce stade, l’estime de soi, les déceptions liées à la découverte de la réalité du nouveau pays, la rupture entre le passé et le présent, les difficultés d’entrée dans un nouveau groupe dont il faut décoder les règles sont autant de défis à surmonter pour la famille entière.

Observer ses enfants
L’arrivée dans un pays génère du stress chez les parents qui doivent concilier l’adaptation à un milieu de travail, l’organisation de la vie quotidienne et l’intégration sociale. Pendant cette période très intense, les préoccupations ou des difficultés des enfants sont parfois mises de côté, les parents ne se sentant pas forcément disponibles. Cependant, les enfants ont besoin d’être préparés et accompagnés au cours de cette grande aventure. Les enfants ne verbalisent pas explicitement leur malaise, il est donc important que les parents observent les changements de comportement. Chez les bébés, les effets des changements se produiront par exemple à travers des troubles du sommeil, le refus de quitter les bras de sa mère, le refus de manger.
En grandissant, les enfants ont souvent des comportements régressifs (tels que l’énurésie), un désinvestissement de l’école et de la vie sociale. La plupart du temps, la séparation des enfants en bas âge avec leurs figures d’attachement est douloureuse. Pour aider les plus petits, il est important de leur expliquer, même très tôt, que de grands changements se produiront dans leur vie. Il est également important de rester en contact avec les gens qui ont compté dans la vie de l’enfant dans le pays de résidence précédent, lorsque cela est possible. Parler à l’enfant, évoquer les personnes qu’il a laissées derrière lui, faire des albums photos, proposer des appels vidéo, sont autant de façons d’atténuer l’anxiété liée à la perte. Le départ doit toujours être préparé à l’avance, il est important que l’enfant puisse dire au-revoir à ceux qu’il fréquentait.
À l’adolescence, le changement de pays et donc la séparation du groupe d’appartenance est très délicate. Le mal-être se manifeste souvent par le retrait, l’agressivité envers les autres ou soi-même, le désinvestissement de la la vie sociale, le risque de passage à l’acte…

Les parents devraient être attentifs aux changements de comportement de leurs enfants, afin de les aider à traverser des étapes difficiles. Écouter ses enfants, être attentif à leurs manifestations émotionnelles, essayer d’être disponible, les soutenir, permet de vivre une expatriation plus heureuse et plus réussie.


What is the third culture?

People living abroad are developing a different style of life from their home country and the host country where they live. With other expatriates they have become, in their country of residence, a new cultural group: that’s why we talk about « third culture ». Third Culture Kids (TCK) grow up in a truly cross-cultural environment; they are confronted daily with a different language, a different lifestyle than their own. They live daily physical difference and have a strong sense of cultural difference. The succession of cultural shocks they have encountered in their lives have significantly impacted their personality.

Frequent mobility
Due to the high mobility of most of these families, the environment is caused to change regularly. During their stay, their relationship network will be changing, as they attend expatriates who live the same mobility: the life of a TCK is somehow a succession of transitions. When they leave for a new destination, the TCK suddenly lose their benchmarks: their friends, their teachers, caregivers and all their daily (transport, food, lifestyle, spoken language, neighborhood life .. .). At the mercy of successive expatriations the TCK have developed friendships that are scattered; however they develop a sense of belonging and a stronger dependence to their families. The loss is quickly followed by the need to rebuild a new life elsewhere.

The challenges of expatriation
In the best case (and fortunately in most cases!), mobility is a chance for a child who develop a significantly higher adaptability than a child living in his village since he was born. He acquires knowledge of otherness and openness that enrich his personality and worldview.
The departure for a new destination confronts the child and his family to the issue of separation and the projection into the unknown. Most small expatriates are going through this adventure without major problems. But at times, difficulties may arise: the transitional periods are indeed critical times for the whole family, become temporarily dysfunctional. At this stage, self-esteem, disappointments related to the discovery of the reality of the new country, the break between the past and the present, entry difficulties in a new group which is barely beginning to decode the rules are all challenges to overcome for the whole family.

Observe children

The arrival in a country generates stress in the parents who must juggle adapting to a workplace, the organization of daily life and social integration. During this very intense period, children concerns or difficulties may be set aside, parents are not necessarily feeling available. However, children need to be prepared and accompanied during this great adventure. Children never explicity verbalize their discomfort, so parents should observe behavioral changes and know how to decode them. In babies, the effects of change will occur for example through sleep disorders, refusal to leave the arms of his mother, the refusal to eat.
Growing up, children often have regressive behaviors (such as bedwetting), a divestment school and social life. Most of the time, the separation of toddlers with their attachment figures is painful. To help the little ones, it’s important to explain them, from toddlers, that great changes will occur in their lives. It is also important to keep in touch with the people who counted in the child’s life in the previous country of residence, where possible. Talking to the child, evoke the people he left behind, make photo albums, make video calls are as many ways to alleviate anxiety related to loss. The departure must always be prepared beforehand, it is important that the child can say goodbye to those he attended.
In adolescence, the change of country and therefore the separation of the group of belonging is very delicate, ill-being manifested through the withdrawal, aggression towards others or oneself, the divestment social life, the risk of acting out… Parents should be alert to any changes in behavior of their child, to help them through the difficult stages. Listening to his children allows to live a happier and more successful expatriation.