La peur du loup, de l’ogre ou autres monstres poilus

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Les peurs s’installent chez l’enfant lorsqu’il se sent vulnérable et impuissant. S’il se sent à la merci de monstres sous son lit ou de l’ogre caché derrière les rideaux, ses peurs et son désarroi sont amplifiées lorsque son entourage y prête peu d’attention, se moque ou s’en désintéresse. Pour l’enfant, il s’agit de sa réalité. Voici comment l’aider à s’apaiser :

  1. Rencontrer l’enfant dans son monde
    Plutôt que de tenir un discours qui tend à minimiser la peur ressentie par l’enfant, la première étape consiste à se mettre à sa portée, à le rejoindre dans son univers en lui disant quelque chose comme « Oh, ça fait vraiment très peur d’avoir une sorcière dans le placard ». A ce moment là, l’enfant se sent compris dans son expérience et il peut relâcher la tension, se mettre à pleurer ou même trembler. Un câlin, des caresses et des mots doux qui affirment votre présence à ses côtés « Je suis là, je suis avec toi » aideront l’enfant à s’apaiser. Dès les premiers signes de relâchement de tension, lui dire quelque chose qui reflète et/ou induise son changement d’état « Alors que ton cœur bat moins vite et que tu viens de prendre une profonde inspiration, tu te sens plus détendu ». Respirer ensemble sur le même rythme, se regarder dans les yeux et favoriser le contact physique soutiennent efficacement ce processus.
    Une approche plus détaillée de techniques de régulation se trouve à cette page.
  2. Transmettre à l’enfant le sentiment que l’on maîtrise la situation
    Dans la continuité de cette profonde connexion avec l’enfant, il s’agit de lui dire que l’on sait exactement quoi faire dans cette situation : « Je connais très bien les sorcières, moi aussi j’en avais une dans mon armoire quand j’avais ton âge. Je sais exactement ce qui marche pour les faire partir ». Dire cela n’est en aucun cas une moquerie, ni une façon d’aggraver la situation. Nous avons tous connu des peurs similaires lorsque nous étions enfants, nous nous reconnectons alors simplement à cette part de nous-même qui a fait l’expérience de ces mêmes peurs. Ainsi, l’enfant ne se sent plus seul et peut se diriger vers une résolution de problème, main dans la main avec un adulte sensible et compétent.
  3. Renverser la situation : de l’immobilité à l’action
    Poursuivre alors dans cette voie « Mes parents m’ont expliqué comment m’en débarrasser et toi aussi un jour, tu pourras aider tes enfants. Mais pour le moment, je vais avoir besoin de ton aide ».
    Demander de l’aide à la personne qui est dans un état anxieux structure son expérience émotionnelle et lui donne une sensation de contrôle de façon à rendre la peur plus facile à appréhender. Ainsi, l’enfant sort du figement induit par la peur et gagne en assurance. En tant que parent, on adaptera la proposition selon le contexte « Pendant que j’ouvre le placard tu m’éclaires bien avec la lampe de poche, d’accord ? » ou bien « Tiens bien ton ours en peluche pour qu’il n’aie pas trop peur pendant que j’allume la lumière ».
  4. Se débarrasser des monstres une bonne fois pour toutes
    L’une des façons les plus efficaces pour se débarrasser des monstres cachés dans le placard ou sous le lit est simplement de leur demander de partir. Cette demande peut prendre différentes formes :
    – une demande verbale : « Va t’en d’ici méchante sorcière qui sent les pieds ! » Selon l’inspiration du moment la demande verbale sera plus ou moins solennelle, comportera une formule magique ou des rimes… Tout ajout qui déclenchera le rire sera bénéfique !
    – un coup de balai sous le lit, un spray anti-sorcière, un piège à loup…
    – une cérémonie d’expulsion des monstres, avec pourquoi pas un mantra chanté à l’unisson, au rythme des tambourins où seront savamment manipulés des objets magiques – attrape-monstres, poudre répulsive, gousses d’ail bien placées…

Au cours de ce processus, l’enfant est sorti de l’impuissance de l’immobilité vers la capacité de se mouvoir dans l’action. Une fois le geste, la parole ou la cérémonie accomplie, on pourra consolider cette capacité intériorisée en projetant l’enfant dans l’avenir « Maintenant que tu connais le secret, tu pourras te débarrasser des loups dans n’importe quelle situation ».

Ce type de connexion entre un enfant et ses parents est à la fois puissante et profonde. Dans une période où votre enfant est particulièrement préoccupé, il est nécessaire de pratiquer un jeu exclusif au minimum 10 minutes par jour au cours duquel vous le suivrez dans son monde, de façon authentique et enthousiaste – sans perturbation extérieure ni recours au téléphone !

Parfois cependant, lorsque les causes sous-jacentes à ces peurs de l’enfance ne sont pas identifiées, elle persisteront malgré tout et nécessiteront l’aide d’un thérapeute.

 

Judith Acosta & Judith Simon Prager : « The worst is Over, What to say when every moment counts »

Remplir le réservoir d’attachement


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