Comment aider un enfant qui a peur d’aller à l’école ?

Cauchemars, maux de ventre et autres plaintes somatiques, irritabilité, crises de rage… l’anxiété peut se manifester de diverses façons à l’approche de la rentrée. Voici quelques idées pour aider un enfant qui a peur d’aller à l’école.

Votre attitude de parent est cruciale

Dans toutes les situations de stress, de transition ou d’exposition à une situation inconnue, il est tout à fait normal de ressentir de l’inquiétude. C’est particulièrement vrai lors de la rentrée scolaire, à l’entrée en maternelle ou lorsque un enfant change d’école : ces périodes de transition n’affectent pas seulement l’enfant, elles sont une source de stress pour toute la famille !

Depuis tout petit, l’enfant a développé une sensibilité particulière au sentiment de sécurité qui émane de ses figures d’attachement principales. C’est en observant très finement le langage corporel, les expressions du visage, le ton de la voix, qu’un enfant sait si son parent se sent suffisamment en confiance pour envisager d’aller explorer le monde. Il est donc crucial d’avoir un discours positif concernant l’école car si l’inverse se produit – et que vous vous laissez aller à évoquer votre stress concernant son intégration sociale ou les enseignants – votre enfant risquerait de faire siennes vos inquiétudes.

Écoutez sans jugement

Si votre enfant évoque ses inquiétudes, écoutez-le sincèrement, prenez-le au sérieux. Au lieu de minimiser ses peurs – même si cela part d’une bonne intention, en disant par exemple « Mais non, tout ira bien ne t’inquiète pas » – essayez plutôt de valider ses sentiments : « Je vois que ça t’inquiète de retourner à l’école ». Le fait de minimiser empêche de se connecter à l’expérience réelle vécue par l’enfant. Ce n’est pas en repoussant d’un revers de main les expériences ou les sentiments désagréables qu’ils vont disparaître, c’est même le contraire ! En revanche, l’accompagner au plus près de sa réalité l’aidera à se sentir plus sécure. La validation des sentiments – « Je sais, c’est difficile » – doit s’accompagner de votre confiance profonde en sa capacité à gérer cette situation.

Surtout, il est primordial que votre enfant aille à l’école malgré ses peurs, malgré le stress qui circule de façon contagieuse et le sentiment d’impuissance que vous pouvez ressentir face à sa détresse. Le garder à la maison ne ferait qu’aggraver la situation : son anxiété se renforcerait et le retour à l’école serait de plus en plus difficile.

Plutôt que de rassurer, accompagnez sa recherche de solution

Une fois que la connexion émotionnelle a été établie, on peut aider l’enfant dans sa recherche de solutions, en résistant à l’envie de régler le problème à sa place « Qu’est-ce qui pourrait se passer de vraiment difficile ? Réfléchissons à des solutions pour t’aider à gérer cette situation ». On note les proposition, on les discute et développe des idées.

Avec les plus jeunes enfants il est intéressant d’utiliser les jeux de rôle, les dessins, l’invention d’une histoire ou d’un jeu qui reprend le thème de l’anxiété avec des personnages fictifs. De cette façon, l’enfant ne se sent pas trop exposé et peut explorer plus profondément les peurs des protagonistes de l’histoire – qui bien entendu, sont les siennes.

Planifiez

  1. Une semaine avant la rentrée, vous pouvez fabriquer avec l’enfant un petit semainier avec le nombre de jours restant avant le retour à l’école et y dessiner les activités quotidiennes correspondantes.
  2. Mettez en place le rythme de l’école, préparez les habits la veille pour le lendemain.
  3. Pour les nouveaux élèves, faites un petit tour à l’école et si c’est possible, prévoyez une visite de sa classe, de la cour, de la cantine…
  4. Devant la nouveauté et l’inconnu, il est très important d’expliquer à l’enfant ce qui va se passer et ce, dès la crèche. Lui décrire comment va se dérouler la journée et à quel moment vous irez (ou une personne qu’il connaît bien) le chercher à l’école.
  5. Pour les plus jeunes enfants qui pourraient s’inquiéter de la séparation :
  • donner un objet vous appartenant ou rappelant la maison : une photo de vous glissée dans sa poche, un bracelet couvert de vos bisous, un objet qui a une signification particulière ;
  • vaporisez un peu de votre parfum sur son poignet ou sur un mouchoir ;
  • dessinez un cœur sur sa main et faites le même sur la vôtre.

Ces propositions sont à utiliser comme des « objets transitionnels ». Leur fonction est d’aider l’enfant à explorer le monde sans ses parents, mais en étant accompagné par quelque chose qui représente leur présence. Les mots que vous utilisez devraient refléter la continuité de votre amour lorsque vous n’êtes pas ensemble « Tu vois, je t’aime très fort. Moi aussi j’aurai un cœur dessiné sur ma main, et je penserai à toi en le regardant. Ce sera bien ce soir quand on va se retrouver, on aura plein de choses à se raconter ».

Si l’anxiété persiste

La plupart des enfants sont résilients et s’adaptent à leur nouvel environnement. Si vous sentez que l’anxiété persiste malgré tout, travaillez en collaboration avec l’école :

  • L’idéal serait qu’un adulte vienne accueillir l’enfant – sans jamais parler de peur ou d’anxiété ! – et l’amène d’emblée à participer à une activité qui le fasse se sentir appartenir au groupe « Voudrais-tu m’aider à faire une pile avec tous ces papiers ? » Il en est de même au collège ou au lycée, les adolescent qui ont du mal à aller en cours (problèmes d’intégration, harcèlement, peur de l’échec scolaire…) y retournent plus volontiers lorsque ce type d’accueil personnalisé est mis en place.
  • Mettre en place un plan de secours : en cas de difficulté au cours de la journée, identifier en amont vers qui l’enfant ou l’adolescent pourra se tourner (infirmière, assistant social…) le but étant d’éviter à tout prix que l’anxiété l’amène à un isolement relationnel total.

D’autres pistes à envisager

Lorsque l’enfant ou l’adolescent continue de souffrir à l’école en dehors des périodes de transition, il est sans doute temps d’envisager des pistes telles que : le harcèlement, les TOCs, une différence dans les apprentissages qui l’amènerait à éviter l’école par honte ou inconfort, une angoisse de séparation.

Sur le même sujet, L’anxiété chez l’enfant, ce qui aide et ce qu’il faut éviter