Relation parent-enfant : quatre façons de créer du lien et apaiser les tensions

Je suis toujours épaté lorsque les parents disent que les enfants « font ça juste pour attirer l’attention ». Bien sûr que les enfants qui ont besoin d’attention feront des tas de choses pour l’obtenir. Pourquoi ne pas simplement leur donner ?

Lawrence Cohen, Playful parenting

C’est lorsque leur réservoir d’attachement se vide que les enfants développent des attitudes problématiques : de l’agressivité, des mensonges, des vols… Ils peuvent aussi se montrer insatisfaits de tout, tout le temps, en demander toujours davantage. Aussi difficiles à gérer soient-ils, il est important de comprendre ces comportements comme des façons d’exprimer que leur réservoir se vide : les besoins d’attention, d’amour et de sécurité ne sont pas pleinement satisfaits.

Il y a des situations qui augmentent les besoins d’attachement, comme par exemple la naissance d’un petit frère, un déménagement, des problèmes à l’école ou l’humeur des parents lorsqu’ils ne vont pas très bien… Dès les premiers signes que la relation se dégrade, que les tensions se font plus régulières, il est nécessaire de donner à l’enfant de quoi remplir son réservoir.

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La mise en miroir ou Mirroring

C’est une méthode très efficace qui permet à l’enfant de se sentir compris dans son expérience. Lorsque l’enfant ressent une émotion désagréable, le fait de lui refléter cette émotion avec des mots est essentiel « Tu es en colère ma puce, tu trouves que ce n’est pas juste qu’on ne puisse pas aller au parc ».

Avec le mirroring on va un peu plus loin en reflétant l’émotion de l’enfant non seulement avec des mots mais aussi avec le visage : l’expression du parent imite celle de l’enfant, de façon adoucie, modulée, tel qu’on peut le faire avec un nourrisson pour l’aider à réguler ses émotions et lui refléter son état interne. En choisissant de mettre en miroir le vécu émotionnel de l’enfant, celui-ci se sent compris, entendu et le début de crise qui se présente est le plus souvent désamorcé.

Par exemple, imaginons une petite fille qui veut aller au parc alors qu’il faut aller chercher son petit frère chez la nounou. Si cette petite fille n’est pas au meilleur de sa forme, peut-être pour l’une des raisons citées en préambule, la sortie présentera une occasion pour elle d’exprimer avec ses moyens d’enfant que ça ne va pas bien. Elle peut alors se mettre à crier « C’est pas juste ! Vous n’écoutez jamais ce que je demande ! ». Avec le mirroring, le parent observe le visage de son enfant et en quelque sorte l’imite mais en adoucissant l’intensité de l’expression du visage et en lui disant quelque chose comme « Je sais, c’est vraiment pas juste, tu as envie d’aller rejoindre tes amis tout de suite au parc » et de continuer ainsi jusqu’à ce que l’enfant ressente un apaisement.

Surtout, il est important de ne pas accéder aux demandes d’un enfant lorsqu’il crie ou « chouine », cela ne ferait que renforcer ce mode de communication. A la place, le mirroring permet de traverser cette étape difficile et éventuellement de passer à la suite avec une recherche de solution.

Le câlin du matin

La routine du matin est souvent un moment de stress. Il y a beaucoup de choses à faire dans un temps assez court ce qui donne lieu à des tensions importantes. Plutôt que de se voir lutter « contre » l’enfant, il est utile de prévoir une routine établie ensemble à l’avance et de commencer la matinée par un grand câlin, une histoire, un moment de connexion et d’amour inconditionnel. L’enfant coopérera bien plus facilement par la suite.

Parler du temps où l’enfant était un bébé

Regarder l’enfant dans les yeux, lui caresser les joues et lui dire à quel point il était adorable quand il était bébé, évoquer ses premiers mots rigolos, raconter des petites anecdotes, feuilleter ensemble les albums photo… tout ceci nourrit profondément l’enfant d’affection et d’estime de soi. Il se sent une personne précieuse et unique à vos yeux. Plus l’enfant a des comportements « difficiles », plus il a besoin de se sentir aimé de façon inconditionnelle.

Jouer avec son enfant

Le jeu est le moyen d’expression privilégié des enfants, par lequel ils expérimentent, apprennent et « travaillent » des thèmes qui les préoccupent… le faire avec l’un de ses parents, c’est aussi pour un enfant l’occasion de se montrer tel qu’il est, sous le regard bienveillant d’un adulte.

Mais nos agendas d’adultes pressés, la pile de linge qui s’entasse, le ménage et tous les actes de la vie quotidienne viennent trop souvent prendre la place de ces moments si précieux. Pour d’autres parents, jouer avec son fils ou sa fille est difficile, cela amène un sentiment de gêne, d’ennui ou d’étouffement. Cela fait écho à des expériences passées désagréables qui se répètent dans le présent, comme une réplique de la relation qu’on a eue soi-même avec ses propres parents. A chacun alors de trouver un moyen de se connecter à son enfant sur la base du jeu : si jouer à la maîtresse est trop inconfortable, privilégier par exemple les jeux physiques en extérieur ou à la bagarre. L’essentiel est que ces moments passés ensemble soient dénués de toute forme de compétition ou de jugement : il s’agit de mettre de côté son téléphone et ses soucis d’adulte, pour donner à l’enfant une attention totale et partager une joie authentique. Quinze minutes de jeu par jour peuvent éviter bien des tensions !


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