Résoudre les conflits sans violence

Lorsqu’un désaccord apparaît, les parents ont parfois tendance à vouloir gagner la bataille sur leur enfant et montrer qui a le pouvoir à la maison. D’un désaccord naît le conflit et la lutte de pouvoir. Cette conception des rapports humains, née de l’idée que l’enfant est un être pulsionnel qui veut renverser ses parents, favorise finalement une forme de dépendance dans laquelle l’enfant est censé rechercher l’approbation de ses parents. En résulte bien souvent le sentiment de n’être pas compris, d’être seul et impuissant.
En étant ancré dans la conviction profonde que l’enfant veut bien faire et que les comportements inappropriés sont des stratégie de survie, le comportement gênant revêt alors une signification tout autre : il s’agit d’un message que le parent doit parvenir à décoder.

Résoudre les conflits sans violence

1. Qu’est-ce qui déclenche le conflit ?

Un conflit éclate lorsque des besoins ne sont pas satisfaits : ceux de l’enfant comme ceux des parents. L’être humain, de l’enfance à l’âge adulte, a fondamentalement besoin :

  • de sommeil, de nourriture, ce sont ses besoins physiologiques
  • d’amour
  • de sécurité
  • de se sentir important, d’avoir de la valeur
  • de se sentir appartenir, de faire partie d’un groupe
  • d’explorer et de découvrir…

Les être humains utilisent leur comportement pour voir leurs besoins satisfaits… et tout ce qui marche peut être employé !

2. Ce que je ressens me donne des informations pour identifier le besoin insatisfait de mon enfant
Cette stratégie nécessite de prendre du recul sur la situation et d’observer ce qui se passe.

  • Prendre une bonne respiration et faire une rapide introspection. Essayer d’identifier ce que je ressens ce qui aide à inhiber mon impulsivité.
  • Comprendre quel est le besoin insatisfait de son enfant : se connecter émotionnellement en lui posant des questions et en reformulant son ressenti. Être empathique.
  • Satisfaire son besoin ou rediriger le conflit en privilégiant la coopération « Qu’est-ce qu’on pourrait essayer la prochaine fois pour éviter que ce problème se présente à nouveau ? »

3. Utilisez des stratégies positives
La façon de communiquer avec ses enfants est primordiale :

  • En cas de conflit, la qualité de la relation avec votre enfant doit toujours être plus importante que toute autre chose. Les mots qui blessent, les réactions de rejet abîment la relation et laissent des marques, il faut absolument les éviter.
  • Éliminez toute forme de jugement qui se glisse dans le vocabulaire : C’est toujours comme ça, Tu es tellement impulsive, Tu es tout le temps fâché contre moi. Se concentrer uniquement sur la situation présente et sur les faits.
  • Formuler des interdictions (ne fait pas ci, je t’interdis de…) renforce les comportements que vous souhaitez voir disparaître. Préférez des formulations positives : au lieu de dire « ne cours pas dans la rue » préférez « dans la rue, on marche en se donnant la main ».
  • Lorsque vous refusez quelque chose et que cela attriste votre enfant, ne tardez pas à dire oui rapidement.
  • Utilisez une « Roue des choix » (Wheel of choices) d’après Jane Nelsen
  • Utilisez les jeux de rôles et la recherche de solution
  • Redirigez le comportement de l’enfant vers une activité qui correspond à son besoin. Par exemple si vous vous agacez de voir votre enfant qui ne tient pas en place, dirigez-le vers une activité motrice ou sensorielle.

4. Utilisez les principes de la Communication Non-Violente
Ce processus a été développé par Marshall Rosenberg. C’est un excellent moyen de communiquer de façon à satisfaire les besoins des deux parties qui s’opposent dans un conflit. Ce processus se déploie en quatre phases :

  1. Observation : je cite les faits, sans jugement.
  2. Émotions : ce que je ressens en disant « je » en faisant bien la distinction entre votre sentiment et votre enfant
  3. Besoin : ce dont j’ai besoin ou ce qui a de la valeur à mes yeux
  4. Requête : l’action concrète que je voudrais voir, sans l’exiger de façon autoritaire.

Exemple :

  1. Lorsque tu refuses de manger ce que tu m’as demandé de te préparer
  2. ça me rend triste
  3. j’ai besoin que tu respectes ce que je prépare pour toi
  4. voudrais-tu au moins goûter ce plat ?

5. Aidez votre enfant à développer un riche vocabulaire des émotions

  • Encouragez votre enfant à développer son empathie en traduisant le langage non-verbal de personnes de votre entourage
  • Nommez les émotions et les sensations physiques associées aux conflits
  • Utilisez une roue des émotions
  • Créez un poster des émotions à afficher dans la chambre

Pour plus de renseignements, consultez la page Enfants et Parentalité.